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🥁 Naissance d'un tambour sacré à Rousset

  • Photo du rédacteur: Jessica JULIOT
    Jessica JULIOT
  • 25 juin 2025
  • 8 min de lecture

🌸 Un accueil comme un cocon

Dans la lumière douce d'un matin provençal, c'est à Rousset que nous avons été accueillis, avec chaleur et simplicité, par David et Béatrice. Le petit groupe s'est retrouvé autour d'un petit-déjeuner partagé dans un tipi, havre de paix suspendu dans le silence des éléments.

David, porteur d'un savoir humble et sacré, nous a présenté avec beaucoup de respect les étapes qui allaient nous mener à la naissance de nos tambours.

Je croyais venir "fabriquer" quelque chose... Je ne savais pas encore que ce voyage allait m'ébranler dans toutes mes dimensions : physique, mentale, émotionnelle... et surtout, spirituelle. Je venais accoucher de moi-même.


​🌱​ La rencontre avec la matière vivante

C'est les yeux fermés que nous avons choisi les matériaux. Un par un. A l'aveugle.

Mais ce n'était pas un hasard. C'était une reconnaissance d'âme à âme.


Quand mes doigts ont frôlé ce cercle en bois, cette peau, ce cordage, quelque chose s'est passé. Comme si la matière me répondait. Comme si elle m'attendait.

j'ai su, bien plus tard, que la peau que j'avais choisie était celle d'un bison. Et ce simple mot a fait vibrer tout mon être. Un frisson profond, un écho lointain et ancestral.


​🦧 Le voyage intérieur - à la rencontre de l'animal

David nous a guidé dans une méditation au tambour, pour aller à la rencontre de l'animal qui nous avait offert sa peau. Je pensais méditer. Je suis partie en voyage.

Un chemin de lumière, entouré d'une lisière forestière, s'est ouvert sous mes pas. Mais je ne marchais pas. Je courais. Légère, libre, poussée par une force invisible.

A ma gauche, un grand loup noir, gardien ancien empreint de respect. A ma droite, un lièvre joueur et rapide, imprévisible. Il était là, mon animal de pouvoir, dans toute sa vivacité. Une rencontre pleine de joie et de surprise.

Et puis... le grand cerf brun, imposant et majestueux, s'est dressé devant moi. Son regard était ancien et porteur de sagesse. Il m'a mené vers une mare sombre et profonde, miroir du mystère. Sans crainte, j'ai plongé.

Et de l'autre côté...

Un champ. Un silence. Une masse noire.

Je me suis approchée. Lentement, Et là, il était là.

Un bison noir, immense, figé dans une paix puissante.

Son regard m'a transpercée.

Solide, calme, ancré.

Je n'ai pas eu peur.

J'ai pleuré.

Je me suis avancée, portée par un élan que je ne contrôlais pas. Avec une lenteur sacrée, j'ai posé ma main sur sa tête. Et j'ai compris.

Il m'avais choisie dès sa naissance. Il m'attendait depuis sa mort.

Nous nous étions reconnus.


Et dans ce silence plein d'intensité, j'ai entendu :

"Tu n'es pas seule, je suis là. Je te montrerai notre puissance si tu crois en nous".


Le retour - traversée de larmes et de feu

Revenir de ce voyage fut difficile. Quitter le bison, le cerf, le lièvre et le loup... c'était comme laisser une part de moi là-bas.

Mais je savais que je ne les quittais pas vraiment.


Les larmes ont coulé, silencieuses, intimes, libératrices. Portées par les battements du tambour de David, j'ai doucement atterri.


L'alliance des éléments

Nous avons poursuivi la création. Le choix du cordage, encore à l'aveugle. le mien était jaune, lumineux, presque solaire. Il s'unissait avec douceur à la peau tacheté du bison et au bois clair. Une harmonie parfaite, inexplicable.


L'utilisation des quatre éléments pour sceller le lien :

  • 💧 L'eau, pour assouplir la peau et lui redonner vie.

  • 🌪️ L'air, pour faire vibrer l'espace dans le creux du tambour.

  • 🪵​ La terre, pour l'ancrage du bois.

  • 🔥 Le feu, enfin... pour sceller l'ensemble. Pour unir. Pour finaliser.

Mais le feu ne vient jamais sans marque. Nos doigts ont souffert. Cloques, brûlures, peau arrachée... Et pourtant, c'était juste.

Les animaux ont sacrifié leur vie pour nous. Il était naturel que nous donnions notre chair en retour.


🌠 Un appel venu de l'invisible

Ce premier jour avait été intense, bouleversant... mais rien ne m'avait préparé à ce que j'allais vivre le lendemain.

Juste avant mon réveil, encore entre les brumes du sommeil et les battements du monde, j'ai entendu un son.


Un tapotement léger, comme le rythme d'un tambour. Régulier. Puis de plus en plus fort, comme s'il voulait transpercer les voiles du rêve pour me rejoindre.

je suis restée immobile, suspendue à cette vibration. Etait-ce encore un rêve ? Ou bien... un appel ? Une connexion ? Mon tambour n'était pas encore terminé, et pourtant... il semblait déjà me parler.

Alors une voix s'est imposée, claire, profonde, indiscutable :

"Je suis Faya, Et mon premier cri sera celui que tu entends".


Je suis restée figée. Ce nom, cette voix. Féminine. Forte. Implacable.

Et puis, une réaction en moi. Une légère déception. Moi qui espérais une énergie masculine, brutale, protectrice...

Mais Faya a répondu avant même que je formule ce doute :

"Je suis féminine. Mais je suis une adversaire redoutable. j'ai mené des guerres sans jamais perdre. Ma dominance est l'envoûtement et la destruction".


Ses mots ont résonné dans tout mon corps. Une puissance mystérieuse, souveraine, indomptable.


Et soudain, une image s'est révélée. Une vision si nette que je savais qu'elle venait d'ailleurs : un visage, un esprit, une forme.

Pas tout à fait un animal connu... mais une fusion entre un lynx et un aigle... Ou bien autre chose... que j'allais comprendre dès le lendemain !

Le regard perçant, le port fier, l'aura prédatrice et sacrée.

...J'ai pris une feuille et j'ai dessiné ce que j'avais vu. Il fallait que je le fixe.

Que je l'honore. Que je reconnaisse ce lien mystique et indiscutable.


Mais au lieu de me sentir apaisée... une gêne subtile s'est installée en moi. Un poids dans la poitrine, une tension dans l'air. Comme si j'avais dit ou pensé quelque chose de travers.

Et là, je l'ai su : j'avais blessé Faya. En doutant de sa puissance. En espérant qu'elle soit autre chose, plus masculine, plus brute, j'avais inconsciemment rejeté la nature même de son énergie.

Et elle l'avait senti. Elle, si fine, si intense, si souveraine.

Je ressentais sa colère froide, silencieuse mais coupante, comme une lame qu'on ne voit pas venir. Pas une rage destructrice, non... Une blessure d'orgueil sacré.

Comme si, en moi, l'humanité répétait une erreur millénaire : sous-estimer le féminin, l'associer à la douceur uniquement, refuser sa capacité à foudroyer.


je ne savais pas encore comment me faire pardonner. Mais je savais qu'un lien avait été créé, et qu'il fallait désormais en prendre soin.

Avec humilité.

Avec écoute.

Avec respect profond pour cette force que je venais de réveiller.


💫 Le cercle sacré - les finitions du deuxième jour

Le matin du deuxième jour, malgré la nuit agitée par les messages de Faya, je me suis sentie différente. Plus humble. Comme si quelque chose en moi avait été doucement déplacé. Le travail de la veille m'avait fatiguée, mais j'étais prête.

Prête à entrer dans les finitions sacrées.

Nous avons poursuivi la création de nos tambours en intégrant les couleurs de la roue médecine.

Un cercle sacré. Un appel des quatre directions, des quatre éléments, des quatre saisons, des quatre phases de la vie.

Chacune des couleurs portait une sagesse :

  • Rouge pour l'eau, la fluidité, les émotions, l'intuition.

  • Noir pour la terre, la matière, les racines, la stabilité.

  • Blanc pour l'air, la respiration, la pensée, l'invisible.

  • Jaune pour le feu, l'énergie, l'action, la transformation.

Ces couleurs devaient être insérées avec soin dans la structure du tambour.

Mais curieusement, le rouge et le blanc ont été plus difficiles à fixer. Les cordes glissaient, s'entremêlaient maladroitement, les fixations ne se solidifiaient pas. Comme si l'eau et l'air me mettaient au défi...

Un message subtil : quelque chose étaient encore à pacifier en moi, dans le rapport à mes émotions, à ma légèreté, à la souplesse...

Je l'ai accueilli sans jugement, simplement en prenant conscience.


Puis vint la poignée, en cuir. Ce morceau de lien, d'appui, d'ancrage entre moi et le tambour.

Le choix s'est imposé sans hésitation : vert.

Pas une couleur que j'affectionne d'ordinaire. Et pourtant... c'était une évidence.

Vert comme la forêt.

Vert comme la mousse sur les pierres.

vert comme les feuilles en éveil.

Ce vert-là n'était pas une couleur. C'était une mémoire. Un rappel du lien intime entre le bois, la Terre et ma propre essence sauvage.

Au fur et à mesure que le tambour prenait forme, un sentiment de fierté s'installait. Non pas une fierté d'avoir réussi, mais une fierté sacrée : celle d'avoir accueilli, accompagné, respecté la naissance d'un être vivant.

Il ne manquait qu'un dernier élément : la mailloche.

Ce prolongement de la main, ce messager du battement.

Et là encore, le choix du vert s'imposa naturellement.

Elle devait être assortie à la poignée.

Elle devait porter la même mémoire, la même énergie vibrante de la forêt.


🌬️ La consécration - Le premier souffle de Faya

Lorsque David annonça le début de la consécration, je choisis de passer la première.


Mais avant cela, il ouvrit le cercle par un rituel de canalisation.

Dans un silence vibrant, il laissa les messages nous traverser, comme des flèches de lumière adressées à chacun d'entre nous. Des paroles puissantes, personnelles, inoubliables, venues d'un ailleurs.

Puis le silence prit toute la place. Un rituel sans mots, empli de présence.

Le temps sembla s'arrêter mais tout autour, la nature se mit à réagir.

Le vent s'est levé, comme une caresse ancienne.

Pas une bourrasque brutale, non. Un souffle porteur, doux mais puissant, venu saluer l'instant. Les anciens étaient là. Leurs présences invisibles entouraient le cercle. Leur énergie se faisaient sentir. Une vibration discrète, mais ancrée. Comme si des yeux d'un autre temps observaient, avec bienveillance, ce que David était en train d'accomplir.

Un vide sacré avant la naissance.


C'est alors que commença le passage individuel. Un à un, nous allions entendre la voix de notre tambour pour la première fois.

Je suis donc passée la première.

Tout était calme... à l'intérieur de moi.

Je me suis avancée avec mon tambour dans les bras, comme on porte un être que l'on aime déjà.

David m'attendait et m'a accueilli avec toute sa présence tranquille, profonde et bienveillante, son coeur était rempli d'amour. Il m'a transmis plusieurs messages, des paroles canalisées avec justesse. Je ne me souviens pas de tous les mots... parce que certains n'étaient pas destinés à mon mental. Ils étaient pour mon âme. Seule une partie silencieuse de moi pouvaient comprendre. Je les ai laissés m'imprégner, sans chercher à les retenir.

Je les ai reçus. Simplement. Profondément.

Je lui ai présenté Faya, humblement. Puis dans un geste lent et sacré, David consacra mon tambour.

Le moment était suspendu.

Je pris alors la mailloche verte, et timidement, je la posai contre la peau du bison pour la première fois.


Le son de Faya.

Un son imposant, profondément grave, ancré et vibrant.

Fort, solide, presque ancestral. Il m'a traversée tout entière.


Ce n'était pas juste un son.

C'était sa voix.

Sa puissance.

Sa présence.


Un cri silencieux. Un rugissement contenu. Un promesse.


Et dans ce son, je me suis reconnue. Faya n'était pas née de mes mains.

Elle était née à travers moi.


🪢​ Clôture d'un passage, ouverture d'un lien éternel


Que retenir de cette expérience...

C'était un rite de passage, une renaissance, une réconciliation intérieure.


Je repars avec un tambour, oui...

Mais surtout, avec une alliée.

Une force.

Une voix.


"Faya est née. Et moi aussi. un peu"



Merci à David, pour sa guidance respectueuse, sa sagesse, sa présence précieuse.

Merci à Béatrice, pour son accueil chaleureux et ses attentions discrètes mais si justes.

Et merci au groupe, pour la beauté du partage, des regards silencieux, des mains tendues, des rires comme des silences.


Je ne peux que recommander profondément David à ceux et celles qui souhaitent vivre un moment vrai, sacré, et profondément transformateur.

👇​ Plus d'informations sur Béatrice & David et l'Association Bhagavan

Béatrice Coeur de Bhagavan :

Tambour porte du son :






1 commentaire

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Heino hoekstra
31 juil. 2025
Noté 5 étoiles sur 5.

Très joliment racontée, merci pour le partage

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